Du XI eme au XVIII eme


Rasse IV (1062-1096)

Seigneur de Gavre,
Baron de Flandre,

épouse Catherine de Cyzoing vers 1087.
L’histoire des Gavre commence en fait par trois ancêtres de Rasse IV 1portant tous ce prénom original de Rasse et qui vécurent à l’aube du deuxième millénaire, libres sur leurs terres de Gavre, proches des premiers comtes de Flandre.

Une des plus vieilles chartes de Flandre, datée de 1031, porte la signature d’un dénommé “Razo” qui serait l’un d’eux. Pendant 300 ans ce prénom sera le signe de la filiation de l’aîné.

Rasse IV était seigneur de Gavre et y exerçait donc ses droits et ses devoirs féodaux, mais il était aussi baron de Flandre car il avait reçu des fiefs directement du comte de Flandre.

Le premier blason des Gavre était un écusson doré orné d’un « double trescheur » (tresse de corde) et de fleurs de lys vertes. Ils n’adopteront les trois lions qu’au début du 13 ème siècle.

En 1096, à l’âge de 30 ans, Rasse IV partit en croisade avec le comte de Flandre et Godefroid de Bouillon. Il ne revint jamais. Peut-être a-t-il connu le siège d’Antioche en 1098 et celui de Jérusalem en 1099....Dieu seul le sait !

Rasse V (1088-1149)

Seigneur de Gavre,
Baron de Flandre,
Bouteiller héréditaire de Flandre vers 1127,

épouse Elizabeth (Ide) de Gand-Alost, cohéritière de la seigneurie de Liedekerke.
Rasse V fut nommé bouteiller par Charles le Bon. A l’origine, c’était le bouteiller qui était chargé de fournir le vin au comte et de gérer ses celliers puis cette fonction héréditaire devint honorifique et donna le droit de signer des chartes au nom du comte, de siéger à son conseil. et de remplir d’autres missions comme la « chevauchée des wastinnes» qui consistait à reconnaître officiellement les limites de territoires incultes lors de leur vente ou donation.

Rasse V fut mêlé de près aux évènements politiques de son temps. Lorsque son prince Charles le Bon fut assassiné, il se joignit à d’autres seigneurs pour pourchasser les meurtriers et les assaillir dans leur refuge de Bruges.
Après la mort de Charles le Bon, Guillaume de Normandie fut désigné comme comte de Flandre par le roi de France Louis VI. Le gouvernement de Guillaume ne plut ni aux seigneurs ni au clergé et aux bourgeois. Thierry d’Alsace prit la tête de l’opposition avec entr’autres Rasse de Gavre. Lors du 2ème siège d’Alost, Guillaume fut tué. Au terme de longues négociations, Thierry d’Alsace fut reconnu comte de Flandre. Rasse fit bien sûr partie de son conseil.
Rasse mourut à l’issue d’une réunion où hennuyers et flamands se disputaient pour des territoires, et qui tourna en pugilat.

1 Nous avons suivi la numérotation adoptée par Raoul de Liedekerke (cf. bibliographie) et qui tient compte des trois premiers Rasse figurant dans des chartes du XI siècle, mais non identifiés formellement comme des seigneurs de Gavre.

Rasse VI (1112-1150)

Seigneur de Gavre et baron de Flandre,
Seigneur de Chièvres par sa femme et pair de Hainaut,
Bouteillier de Flandre,
Sub-principes de Liedekerke à la mort de sa mère,

épouse Eve de Chièvres en 1138.
Par son mariage, Rasse VI devint seigneur en Hainaut et siégea au conseil de ce comté. Il vécut au château de Chièvres dont il reste aujourd’hui une tour dite « tour de Gavre » toute proche de l’église et dominant le vallon.
D’autres vestiges exceptionnels témoignent du caractère entreprenant et généreux de son épouse Eve. C’est elle qui fit construire plusieurs églises et monastères, une léproserie et un hôpital pour les pauvres, les veuves et les orphelins. Pour que tous ces édifices puissent être entretenus à long terme, elle fit des donations et renonça à certaines taxes auxquelles elle avait droit, en leurs faveurs. Deux de ces bâtiments ont été parfaitement restaurés et sont ouverts au public.
Rasse VI mourut à Roucourt lors d’un siège mené par le comte de Flandre contre le comte de Hainaut, tous deux ses suzerains ! Par fidélité à ses ancêtres et à sa terre natale de Flandre, Rasse prit le parti de Thierry d’Alsace, comte de Flandre.

Rasse VII (1139-1190)

Seigneur de Gavre et Chièvres,
Seigneur de Liedekerke,
Bouteiller héréditaire,
Baron de Flandre,
Baron et Pair de Hainaut,

épouse Mathilde de Liedekerke de la famille des Gand-Alost.
C’est en 1161, par son mariage avec Mathilde, que la seigneurie de Liedekerke entra dans le patrimoine de Rasse de Gavre. Au XIVème siècle, quand cette seigneurie passera à la branche aînée, le cadet dont nous descendons tous, n’en gardera que le nom.
En tant que bouteiller, Rasse VII signa de nombreuses chartes au côté d’autres seigneurs et du comte de Flandre. Au bas de ces chartes étaient attachés par des banderoles, les sceaux des signataires.
Le sceau de Rasse VII est l’un des plus anciens de Flandre et date de 1166.
Rasse VII n’hésita pas à prendre les armes contre son seigneur Baudouin IV de Hainaut pour une raison personnelle (celui-ci avait fait main basse sur des terres familiales) mais plus tard il fut l’allié de son fils Baudouin V lors de plusieurs guerres contre le Brabant et le Limbourg.
En 1184, Rasse s’allia avec Philippe de Flandre contre le roi de France Philippe-Auguste et le comte de Hainaut. Il participa à des razzias en Hainaut !!
C’est aussi avec Philippe de Flandre que Rasse partit en croisade en 1177. Il avait 38 ans ; c’était le temps du grand Saladin et du roi Baudouin de Jérusalem.

Rasse VIII (1162-1218)

Seigneur de Gavre, Chièvres et Liedekerke,
Bouteiller héréditaire et baron de Flandre,
Pair et baron de Hainaut,

épouse Claire de Herzele.
Rasse remplit les mêmes fonctions que ses pères auprès des comtes de Flandre et de Hainaut : conseil, délimitation de territoires destinés aux abbayes, combats militaires, croisade...
Sur ses terres, il agit en seigneur, accorde des libertés, touche l’impôt, protège et gratifie les abbayes,…
A l’âge de 52 ans, il participa à la bataille de Bouvines (1214) avec ses deux fils aînés. Othon, empereur d’Allemagne, allié aux Anglais et à Ferrand de Portugal, comte de Flandre, suivi de tous ses vassaux, s’opposa au roi de France, Philippe-Auguste.
Le combat d’abord organisé puis au corps à corps, nous est décrit par Mouskes, un chroniqueur tournaisien, avec quelques citations des actes de bravoure des Rasse.

Texte de Mouskes traduit
Les Flamands...
Se battaient contre les Champenois
Qui déjà leur mettaient un frein.
Bien joutèrent parmi les premiers
Wautier, le châtelain de Raisse
Qui, avant les autres, s’était élancé,
Et Eustache de Macheline sur un cheval impétueux;
Puis vint Baudouin Buridan
Soutenu par des preux chevaliers.
Là-dessus Rasse de Gavre, éperonnant son destrier,
Et après lui Sohier de Wavre.
Il n’y eut pas de bataille ordonnée.
Tous vinrent, courant l’aventure.
Ils croyaient le roi en fuite
Et le trouvèrent ferme à la lutte.

Les deux armées brûlent de fureur
Grand est le bruit ; épais l’air qui fume autour des combattants
...
Au couteau, à la lance, à la masse
Et souvent à l’épée au fil tranchant
S’en vont assaillir ceux de Flandre.
...
Rasse y fut pris, le preux de Gavre
...
Ceux de Flandre qui le mieux ont combattu,
Ce fut , à ce qu’on dit, Buridan,
Et celui de Gavre jusqu’à l’heure où il fut tué.
...
Par la plaine, vous auriez entendu mainte lance
Eclater, maint chevalier hurler
Et maint cheval hennir à la mort.
(Le texte en vieux français se trouve aussi dans le livre de Raoul de L. vol. I. p.148 à 150)
Le fils ainé de Rasse fut tué et le second, dénommé aussi Rasse, fut fait prisonnier puis libéré contre rançon

Rasse IX (1185-1241)

2ème fils de Rasse VIII !
Seigneur de Gavre, Liedekerke et Chièvres,
Bouteiller héréditaire et baron de Flandre,
Pair et baron de Hainaut,

épouse Sophie de Breda en 1208.
A l’issue de la bataille de Bouvines, Ferrand de Portugal est emmené en captivité à Paris. Il y resta 12 années au terme desquelles une ambassade dont faisait partie Rasse de Gavre, apporta l’énorme rançon rassemblée par Jeanne de Flandre.pour libérer son époux.
Mouskes le raconte en quelques lignes :

La comtesse Jeanne vint
De Flandre et lui promit (son appui)
Et peu après arrivèrent Arnoud d’Audenarde
Et messire Rasse de Gavre
Qui apportèrent marcs et livres
La rançon qui devait délivrer Ferrand.
...
Alors grâce à ce voyage
hennuyers et flamands
ont délivrés le comte Ferrand
Sans bruit, ni dispute.


Rasse qui était le second fils de Rasse VIII, décida vers 1220 de porter un nouveau blason orné de trois lions, afin de se distinguer de son frère aîné, mort à Bouvines.
Il est intéressant de remarquer que les villes de Chièvres et de Liedekerke ont encore aujourd’hui des blasons très similaires.

Rasse X (1209-1291)

Seigneur de Liedekerke et de Breda,
Baron de Flandre et de Brabant,

épouse Marguerite d’Enghien.
Rasse X prit part à la croisade de Saint Louis avec ses deux frères Arnoud et Jean, en 1248. Lors du siège de Mansourah en Egypte où ils combattaient sous la bannière de la Vierge, ils firent le vœu de construire dans les bois de Liedekerke, une chapelle et un monastère dédié à Notre-Dame, si elle exauçait leurs prières et les ramenait vivants au pays.
La légende raconte qu’à ce moment-là, le miracle s’accomplit, la Vierge leurs apparut clairement dans le ciel, assise sur un mulet blanc et ils furent sauvés.
Fidèles à leur promesse, Rasse et ses frères firent construire une chapelle et y placèrent une statue de la Vierge. Malgré les multiples pillages et incendies (en 1566, 1582, 1667, 1796) le pèlerinage de Notre-Dame au mulet s’est perpétué jusqu’à nos jours.
En 1957, la famille a offert la construction de la chapelle actuelle sur les lieux de la première chapelle de 1252 et une sculpture de Anne de Liedekerke, l’épouse de Paul, y fut déposée sur l’autel.
Du chef de sa mère, Sophie de Breda, Rasse X hérita d’une grande partie des terres de ce nom y compris de la ville. Un héritage immense : plus de 50.000 hectares !
Un véritable petit état. Il avait cependant déjà 77 ans quand il entra réellement en possession de cet héritage !
Les seigneuries de Gavre et Chièvres retournèrent en 1241 à Rasse de Gavre, fils du frère aîné de Rasse IX, mort à Bouvines, et ce, en vertu des lois successorales particulières du Moyen-âge. Cette branche s’est éteinte dans la famille des Montmorency-Laval lorsque en 1285, Beatrix de Gavre, héritière de la seigneurie épousa Guy de Laval – Montmorency et y amena avec elle des tisserands flamands qui créèrent l’industrie textile qui existe encore aujourd’hui. Une statue de Beatrix rappelle ce fait aujourd’hui à Laval.

Rasse XI (1241-1306)

Seigneur de Liedekerke et de Breda,
Seigneur de Boulaer par sa femme,
Ber de Flandre et baron de Brabant,

épouse 1) Alice de Harnes, dame de Boulaer,
2) Adewijne de Stryen.
En tant que seigneur de Breda, Rasse XI était un vassal du duc de Brabant. Il fut donc à ses côtés lorsque celui-ci partit en guerre contre l’archevêque de Cologne et le comte Renaud de Gueldre. A Wöringen ils livrèrent une bataille célèbre que le poète-reporter Van Heelu décrit en citant les actes de bravoure de Rasse et de ses deux fils, Rasse et Philippe.
« Le duc adjoignit à ses neveux, pour les aider et les garder, un brave et loyal chevalier qui était seigneur... de Liedekerke et de Breda...
...
Face aux armées de l’archevêque, de Renaud de Gueldre et Henri de Luxembourg se bousculant et perdant leur cohésion, le sire de Liedekerke s’écrie « Sie comen dunne ende wide» (ils arrivent en ligne mince et dispersée)
...
Ce chevalier était un des meilleurs de Brabant et, par surcroît, de Flandre ; ses hauts faits dans la bataille l’ont bien prouvé ».

(d’après Raoul de L- en traduction, original en flamand- vol. I p. 282-283)

La victoire finale revint au duc de Brabant qui annexa le Limbourg
Parmi les frères de Rasse XI , Jean, initia la branche des Gavre-Contrecoeur, Sohier épousa Sophie de Beaufort Englebert devint grand connétable d’Achaïe (au Peloponèse) et Gauthier fut nommé capitaine du château royal de Corinthe.

Rasse de Liedekerke, premier Rasse dit “ de Herzele ” (1275-1339)

7ème fils de Rasse XI !!!! voir note (1)
Seigneur d’Aspelaer,

épouse Clémense de Berchem.
Voilà notre ancêtre simple chevalier et seigneur des terres d’Aspelaer, héritées de sa mère. Son frère aîné dénommé comme lui, devint seigneur de Boulaer et son frère Philippe seigneur de Liedekerke et de Breda
Le nom de Herzele le distingua de son frère aîné. Il y avait hérité de quelques terres venant de sa mère.
Son sceau diffère aussi car autour des trois lions se trouve une bordure garnie de besants (disques).
Rasse de Herzele fut au côté du comte de Flandre pour mater une révolte populaire que menait depuis 4 ans un dénommé Zannekin, soutenu par les artisans des villes et, en particulier, ceux de Bruges, contre les nobles, les monastères et tous les riches. Elle menaçait l’église et la couronne elle-même ; Le roi Philippe VI intervint avec le comte Louis de Nevers et la révolte fut ainsi matée à Cassel en 1328.
Rasse de Herzele, après la mort de ses frères, devint le chef de sa branche, et en 1326, à la mort du dernier seigneur de Gavre, il était l’aîné de la lignée des Rasse, mais simple seigneur d’Aspelaer, il ne possédait plus aucune des seigneuries qui avaient fait la grandeur des siens.
Sa descendance réussira à consolider sa fortune et à réunir de nombreuses terres, mais l’éclat de l’ancienne maison sera principalement soutenu par la branche des Gavre-Herimez, ancêtre des Gavre-Ayseau.

Rasse II de Liedekerke dit “de Herzele” (1305-1363)

Chevalier,
Seigneur d’Aspelaer,

épouse Avezoete Uter Meerham.
En épousant Avezoete Uter Meerham (traduisez Isabeau ou Agnès de Merham !), fille d’un riche patricien de Gand, Rasse ouvre le chapitre gantois de l’histoire familiale. Son fils Etienne et son petit fils Rasse prendront part activement à la vie publique de la ville en tant qu’échevins.
Lui-même mena plutôt une vie de terrien et de soldat. Il continuait probablement à habiter la demeure de son père à Aspelaer ou résidait dans une maison qu’il possédait à Grammont.
Rasse prit part à une guerre privée qui opposa le sire de Steenhuse, (représenté par le seigneur de Sweveghem et lui-même) à celui de la Wastine. Il y mourut dans une lutte à 1 contre 8.
Le comte de Flandre intervint dans cette macabre histoire, imposa une amende à chacune des parties et arbitra la paix. Les responsables de la mort de Rasse le payèrent cher : fondation d’une chapelle, messe dite tous les jours en son nom, pèlerinage obligatoire au Mont Sinaï, à Compostelle ou à Lubeck…, bannissement à perpétuité de ceux qui sont acteurs du crime, indemnité en argent (3000 livres pour Rasse, 1000 pour les autres chevaliers, 600 pour un bâtard, 500 pour une blessure grave, 240 pour un pied tranché !).

Etienne I de Liedekerke (1357-1426)

second fils de Rasse !
Echevin de Gand ,

épouse Elizabeth S’Kempen.
Gantois par sa mère, Etienne s’engagea dés l’âge de 30 ans dans la vie publique de Gand : il fut plus d’une fois échevin à la « Keure» (autorité législative) et aux « Parchons » (autorité pour les partages et les tutelles) ; il fut désigné aussi comme « s’Heeren kiezer», membre du collège chargé de la nomination des échevins
Son caractère modéré lui dicta de rester en dehors des luttes qui opposèrent la ville au comte de Flandre.
Le frère aîné d’Etienne, troisième Rasse de Herzele, appelé « le révolté », prit parti pour la ville de Gand dans sa lutte contre Louis de Maele, le comte de Flandre.
A la tête de 6000 gantois, il marcha vers Nevele où étaient rassemblés les 20.000 hommes du comte. Sans attendre de renforts, Rasse décida d’attaquer, ce qui était téméraire. Submergés, les gantois refluèrent vers le monastère de Nevele. C’est devant la porte de l’église que Rasse mourut, seul contre un grand nombre.
Le chroniqueur Froissart dira de lui : « Aimé et respecté des Gantois, Rasse a justement mérité leur reconnaissance et leur admiration ».
Suite à cette défaite, tous les biens de Rasse dit « le rebelle », aîné de cette branche Liedekerke, furent confisqués.

Etienne II de Liedekerke (1398-1474)

Chevalier,
Seigneur de Nieuwekerke,
Echevin de Gand,

épouse Hélène de Crane.
Grâce aux parents de sa mère Elizabeth ‘S Kempen qui avaient patiemment constitué une dot pour leur fille, Etienne hérita d’une seigneurie à Nieuwekerke, près d’Alost. Celle-ci resta dans la famille jusqu’en 1690 où elle fut vendue par Charles-Antoine de Liedekerke qui avait définitivement émigré en Wallonie.
De cette seigneurie, il ne reste aucune trace visible mais on sait que le château se situait non loin du centre du village et les plans cadastraux en gardent quelques indices.

Etienne fut très attaché aux ducs de Bourgogne. Il suivit Philippe le Bon lors d’une campagne en France pour venger l’assassinat de Jean sans Peur. Plus tard, quand Charles le Téméraire réorganisa son armée, Etienne fut tenu de fournir un homme d’armes accompagné d’un coutelier et d’un page, tous trois montés.
Quand la ville de Gand se révolta contre le Duc de Bourgogne, Etienne fut banni de la ville par les extrémistes qui l’accusaient d’avoir pris le parti de celui-ci..
Etienne se fit adouber assez tard, probablement à un moment où il voulait renouer avec la haute noblesse, être plus à l’aise à la cour et trouver un bon parti pour son fils Rasse.

Rasse de Liedekerke (1421-1494)

Chevalier,
Seigneur de Nieuwekerke,
Seigneur de Heestert et Zulte,
Conseiller et chambellan du duc de Bourgogne,
Souverain bailli du comté d’Alost et de la ville de Grammont,

épouse Jeanne de Saint-Omer de Morbecque.
Rasse, fut comme son père, un fidèle vassal du duc de Bourgogne. En 1465, il participa, pendant 10 mois, à la guerre dite « du Bien Public» dont le point culminant fut la victoire remportée à Montlhéry sur Louis XI.
Sous Charles le Téméraire, qui avait nommé Rasse son conseiller et chambellan, il participa en 1474 au siège de Neuss sur le Rhin , opération par laquelle Rasse voulait affirmer son prestige et sa puissance vis-à-vis de l’empereur d’Allemagne. Rasse y commanda un regroupement de lances (une lance comportant un homme d’armes et deux suivants à cheval ainsi que six combattants à pied)
Rasse eut 9 enfants dont une, Marguerite, devint abbesse de la riche abbaye de Forest où elle rétablit ordre et discipline

Etienne III de Liedekerke (1457-1530)

Armé chevalier par Charles Quint en 1515,
Seigneur de Heestert, Zulte, Nieuwekerke et Cringen ,
Panetier de Philippe le Beau,
Conseiller et Chambellan de Charles-Quint,
Souverain bailli du comté d’Alost et de la ville de Grammont en 1511 et 1523,
Bourgmestre du Franc de Bruges en 1501,

épouse Florentine Wielant vers 1500.
L’archiduc Maximilien, époux de Marie de Bourgogne, Philippe le Beau, et Charles-Quint sont les souverains successifs qu’ Etienne choisit de servir et de suivre dans toutes leurs campagnes contre les rois de France. Ainsi se passa toute sa jeunesse. Ce n’est qu’à 40 ans qu’il trouva le temps de se marier avec FlorentineWielant.
Etienne et Florentine sont enterrés dans l’église de Nieuwekerke. Une plaque funéraire s’y trouve toujours au fond d’une niche décorée de toutes les armoiries de leurs ascendants. Cette niche est cependant bien dissimulée aujourd’hui derrière des lambris de bois d’une époque ultérieure bel et bien fermée à clé.

Philippe de Liedekerke (1503-1568)

Chevalier en 1539,
Seigneur de Landeghem , de Hasoit et du Walle à Everbecq ,
Seigneur de Heestert , Nieuwekerke et Zulte,
Echevin d’Alost en 1526 et 1545,
Conseiller et chambellan de Charles-Quint en 1553,
Bailli de Coutrai de 1555 à1560,
Eques Auratus (Chevalier aux éperons d’Or),

épouse Marie van der Gracht en 1528.
Philippe qui, par sa mère Florentine Wielant, fille d’un grand légiste gantois, devait avoir de nombreuses relations avec cette ville, vécut de très près un évènement marquant de l’année 1540 : la révolte des gantois.
Pour mémoire !!
Les gantois s’étaient révoltés à cause d’un impôt de guerre mais aussi à cause de la chèreté de la vie et du malaise né de l’apparition du protestantisme. Les gens de métier se mirent en grève. Très vite les échevins furent débordés par la violence populaire.
Charles Quint vint personnellement dans sa ville natale pour punir cette « desleauté et désobéissance ». Il ordonna la mise à mort d’une vingtaine de meneurs puis les échevins, bourgeois et doyens des métiers durent demander pardon, la corde au cou. La répression de Charles Quint mit un terme à la turbulence de la cité de Gand. (G.H. DUMONT, Histoire de Belgique p. 179)
Philippe fut envoyé comme commissaire de Marie de Hongrie avec d’autres personnalités pour négocier avec les révoltés.

Echevin d’Alost à plusieurs reprises, Philippe a dû contribuer à l’organisation des travaux de construction de l’Eglise Saint Martin qui s’élève toujours au cœur de la ville.

A la fin de sa carrière, les activités de Philippe se centreront sur Courtrai, pays de son épouse Marie van der Gracht. Il y sera bailli de 1555 à 1560 et y résidera.

Antoine de Liedekerke (1533-1604)

Baron de Heule,
Seigneur de Heule, Gracht, Nieuwekerke, Heestert, Zulte, Mouscron et Accre,
Vicomte de Bailleul,
Bourgmestre du Franc de Bruges en 1576,
Député de Flandre aux Etats Généraux en 1577,
Membre du Conseil d’Etat,

épouse Louise de La Barre en 1562.
Par ses parents et par sa femme, Antoine se trouva en charge d’un très important patrimoine, essentiellement dans la région de Courtrai. Mais en plus il hérita de son oncle Guilbert de La Barre les seigneuries de Bailleul, dont il porta le titre de vicomte, et de Mouscron.
La seigneurie de Mouscron passera à son fils Ferdinand, puis à son petit-fils Ferdinand-Georges et, en 1627, sera érigée en comté par le Roi d’Espagne Philippe IV. Ferdinand sera le premier comte de la famille !
Ce titre fut accordé en reconnaissance des mérites passés de toute la famille. Il échut plus tard à Ferdinand Basta, fils d’Anne de Liedekerke et petit-fils d’Antoine !
Antoine avait marié ses quatre filles à des officiers espagnols ou portugais !

Par ailleurs, Antoine reçut la seigneurie de Heule qui lui permit de se faire appeler baron. Celle-ci fut ravagée lors des guerres de religion qui bouleversèrent la vie des Pays Bas durant la seconde moitié du XVIIème siècle.

Antoine consacra toute sa vie au service du Roi d’Espagne, tant par sa carrière militaire que politique. Il fut député de la Flandre aux « Etats Généraux» et un des 17 seigneurs membres du Conseil d’Etat.
Sa signature se retrouve au bas du document dit de « l’Union de Bruxelles » (proclamation de l’union de toutes les provinces face aux Espagnols.)

Charles-Philippe de Liedekerke (1583-1626)

dernier fils d’Antoine !
Vicomte de Bailleul,
Seigneur de Nieuwekerke , Accre, Hoyweau et Harlebecque,
Chevalier de l’Ordre Militaire de Saint-Jacques,
Gentilhomme de Bouche à la Cour de l’Archiduc Albert,

épouse Philipotte d’Ongnies en 1616.
C’est une grande et belle plaque funéraire adossée au mur extérieur du choeur de l’église de Nieuwekerke qui nous fait découvrir les visages de Charles-Philippe et de sa femme Philipotte. Il vécut au château de Mouscron car il était tuteur de son neveu Ferdinand. Quand celui-ci fut majeur, il s’installa à Alost où naquit son 7ème enfant
A Mouscron, il fit des dons notoires à l’église : une cloche, une cuve baptismale, un tableau pour le maître-autel, des orgues et même la flèche du clocher !

Antoine II (1622-1674)

5e enfant !
Vicomte de Bailleul,
Baron d’Accre,
Seigneur de Nieuwekerke,

épouse Anne-Marguerite de Gulpen, dame d’Harlue en 1654.
Antoine ne put ramasser que les miettes de l’héritage dont le vicomté de Bailleul. La quasi totalité du patrimoine et des titres de comte de Mouscron et baron de Heule étaient passés à Ferdinand Basta, son cousin.
Il se trouvait dans une situation identique à celle de Rasse X trois siècles plus tôt : cadet modestement pourvu mais néanmoins chef de famille.
Il va épouser Catherine de Gulpen, héritière des terres et du château d’Harlue, près d’Eghezée.Il mena avec elle une vie sans éclat et eut huit enfants Seul l’aîné, Charles-Antoine aura une descendance.
En 1667 et dans les années qui suivirent, Antoine vendit des terres et le château « Ten Broeke» (aujourd’hui disparu), à Nieuwekerke, marquant ainsi son désir de se détacher de la terre de ses ancêtres.

Charles-Antoine (1659-1696)

Comte de Liedekerke (le premier),
Vicomte de Bailleul,
Baron d’Accre, Seigneur de Nieuwekerke (le dernier), Harlue, Bois Hoyaux,

épouse Marie-Catherine-Agnès, baronne de Surlet.
Le titre de comte de Mouscron était passé aux Basta, au décès de Ferdinand- Georges de Liedekerke en 1652. Ce titre de comte avait été conféré par le Roi d’Espagne aux Liedekerke; la lettre patente le disait abondamment et clairement. Une nouvelle lettre patente ne fut pas utile, car l’Impératrice Marie-Thérèse adressa une lettre au « Comte de Liedekerke » et tous les membres de la famille portèrent publiquement ce titre jusqu’à la fin de l’ancien régime. Si bien qu’il fut ratifié en 1816 avec leurs armoiries lors de la réorganisation de la noblesse par le Roi Guillaume des Pays-Bas, en faveur de tous les membres de la famille, mâles et femelles. (d’après Christian de L.B. dans Communications aux membres de la famille, 1982).
En épousant Marie-Catherine, baronne de Surlet, une des plus riches héritières de la principauté, Charles- Antoine se voit ouvrir les grandes portes de la société liégeoise.
Charles-Antoine, dernier Liedekerke seigneur de Nieuwekerke, vendit les restes de cette seigneurie que possédait la famille depuis le début du XVème à Karel Frans Peeters, seigneur de Westrem, coupant ainsi pour de nombreuses années, les attaches de la famille avec les Flandres.

Ferdinand-François (1684-1738)

2e fils !
Comte de Liedekerke,
Baron de Surlet,
Seigneur de Lexhy, Fontaine, Velroux, Odeur…..,
Grand Mayeur de Maastricht,

épouse Marie-Bernardine de Horion vers 1711
A 30 ans, Ferdinand François fit un héritage considérable : son grand-père maternel, le baron de Surlet, lui légua sa fortune à condition qu’il porte le nom et les armes des Surlet. Ce patrimoine ira à son fils aîné, Jacques-Ignace-Mathieu dont la lignée s’éteindra trois générations plus tard.
Ferdinand fut nommé grand mayeur de Maastricht.
Il vécut à Lexhy et Fontaine, deux châteaux de la commune d’Hozémont, près de Liège, dont il ne reste que des corps de fermes et des magnifiques porches d’entrée.

Jacques-Ignace-Florent (1725-1807)

8ème enfant !!!
Comte de Liedekerke,
Officier dans l’armée française au Régiment Royal Picardie,
Grand mayeur de Maastricht,

épouse 1) Anne de Méan, dame de Pailhe et de La Jonquière en 1750,
2) Marie-Robertine, comtesse de Beaufort, baronne de Celles en 1761.
Après avoir servi comme capitaine dans l’armée française, Jacques-Ignace épousa en première noce, Anne de Méan, riche héritière de la principauté de Liège qui apporta dans son trousseau les propriétés de La Jonquière et de Pailhe et donna naissance à Gérard-Assuère, ancêtre de tous les Liedekerke d’aujourd’hui.
Pailhe est toujours entre les mains aimantes d’Alain et Anne.

En seconde noce, Jacques-Ignace épousa Marie-Robertine de Beaufort, baronne de Celles, riche héritière elle aussi, mais dernière de la lignée. Leur fils Hilarion reçut donc ce nom de Beaufort conjoint au sien avec armes et bagages et ainsi commença la lignée des Liedekerke Beaufort. Le château médiéval de Vêves où Jacques-Ignace finit ses jours, est lui aussi magnifiquement maintenu grâce à la vigilance d’Hadelin et son épouse Angéle.